Maurice Carême - Ponctuation

Soumis par akira le mar, 23/11/2010 - 23:29

- Ce n'est pas pour me vanter,
Disait la virgule,
Mais,sans mon jeu de pendule,
Les mots,tels des somnambules,
Ne feraient que se heurter.

- C'est possible,dit le point.
Mais je règne, moi,
Et les grandes majuscules
Se moquent toutes de toi
Et de ta queue minuscule.

- Ne soyez pas ridicules,
Dit le point-virgule,
On vous voit moins que la trace
De fourmis sur une glace.
Cesssez vos conciliabules.

Ou, tous deux, je vous remplace !

Cécile Chabot - Partir

Soumis par akira le mar, 23/11/2010 - 23:04

Partir !
Aller n'importe où,
vers le ciel
ou vers la mer,
vers le montagne
ou vers la plaine !
Partir !
Aller n'importe où,
vers le travail
vers la beauté,
ou vers l'amour !
Mais que ce soit avec une âme pleine
de rêves et de lumières,
avec une âme pleine
de bonté, de force et de pardon !

S'habiller de courage et d'espoir,
et partir,
malgré les matins glacés,
les midis de feu,
les soirs sans étoiles.

Ginette et Muriel Grenier - La famille Thèse

Soumis par Françoise Polack le ven, 19/11/2010 - 23:00

Les parents Thèse ont sept enfants.
Virgule est la dernière née ;
Elle est toujours de bonne humeur.
La sœur Interrogation
Pose toujours des questions.
Point est un petit garçon discret.
Exclamation est une petite fille
Qui s'étonne de tout.
Quant aux triplés Suspensions,
Ils provoquent toujours des catastrophes.

Ginette et Muriel Grenier

Théophile Gautier - Chinoiserie

Soumis par Françoise Polack le ven, 19/11/2010 - 23:00

Ce n'est pas vous, non, madame, que j'aime,
Ni vous non plus, Juliette, ni vous,
Ophélia, ni Béatrix, ni même
Laure la blonde, avec ses grands yeux doux.

Celle que j'aime, à présent, est en Chine ;
Elle demeure avec ses vieux parents,
Dans une tour de porcelaine fine,
Au fleuve Jaune, où sont les cormorans.

Elle a des yeux retroussés vers les tempes,
Un pied petit agrave ; tenir dans la main,
Le teint plus clair que le cuivre des lampes,
Les ongles longs et rougis de carmin.

Par son treillis elle passe sa tête,

José-Maria de Heredia - La sieste

Soumis par Françoise Polack le ven, 19/11/2010 - 09:00

Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d'émeraude.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil
Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons,
Vole le frêle essaim des riches papillons

José-Maria de Heredia - Soleil couchant

Soumis par Françoise Polack le ven, 19/11/2010 - 09:00

Les joncs éclatants, parure du granit,
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d'écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c'est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l'homme est rentré sous le chaume qui fume ;
Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de I'Océan s'unit.

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De patres attardés ramenant le bétail.

Claude Haller - Écrire à tout venant

Soumis par Françoise Polack le ven, 19/11/2010 - 07:00

Pour toi
J'écrirais un poème
Sur le confetti
Sur le timbre-poste
Sur la carte à jouer

Pour toi
J'écrirais un poème
N'importe où
N'importe quand
Tant qu'il est encore temps

Pour toi
J'écrirais un poème
Sur l'affiche
Sur la vitrine
Sur le mur blanc

Pour toi
J'écrirais un poème
N'importe où
N'importe quand
Tant qu'il est encore temps

Pour toi
J'écrirais un poème
Sur le bord du pré
Sur le lit du fleuve
Sur le ciel à l'horizon

Pour toi