Noël des ramasseurs de neige - Jacques Prévert

Soumis par Françoise Polack le mer, 10/11/2010 - 23:00

Nos cheminées sont vides
nos poches retournées
ohé ohé ohé
nos cheminées sont vides
nos souliers sont percés
ohé ohé ohé
et nos enfants livides
dansent devant nos buffets
ohé ohé ohé
Et pourtant c'est Noël
Noël qu'il faut fêter
Fêtons fêtons Noël
ça se fait chaque année
Ohé la vie est belle
Ohé joyeux Noël

Mais v'là la neige qui tombe
qui tombe de tout en haut
Elle va se faire mal
en tombant de si haut
ohé ohé ého

Pauvre neige nouvelle
courons courons vers elle
courons avec nos pelles

Jacques Prévert - Être ange

Soumis par Françoise Polack le mer, 10/11/2010 - 23:00

Être ange
C'est étrange
Dit l'ange
Être âne
C'est étrâne
Dit l'âne
Cela ne veut rien dire
Dit l'ange en haussant les ailes
Pourtant
Si étrange veut dire quelque chose
Etrâne est plus étrange qu'étrange
Dit l'âne
Etrange est
Dit l'ange en tapant des pieds
Etranger vous-même
Dit l'âne
Et il s'envole

 

Jacques Prévert - Charmes de Londres

Soumis par Françoise Polack le mer, 10/11/2010 - 23:00

Arbres
grands arbres de Londres
comme les derniers bisons vous êtes relégués                 
très loin derrière les grilles
de vos grands parcs réservés                           


Arbres
grands arbres de Londres
vous êtes en exil
vous attendez l'orage quelqu'un à qui parler
du Règne végétal aujourd'hui menacé

Jacques Prévert - Grand bal du printemps

Soumis par Françoise Polack le mer, 10/11/2010 - 23:00

Les palmes et les branches                                                                 
les tiges et les feuillages
tout ça c'est les hélices de la terre
qui la font naviguer dans les mers du ciel
Au milieu un grand arbre
n'arrête pas de tourner
Et le bateau La Terre
roule par tous les temps
et pendant son voyage

Jacques Prévert - Chasse à l'enfant

Soumis par Françoise Polack le mer, 10/11/2010 - 23:00

Ce poème de Jacques Prévert évoque la mutinerie d'août 1934.

Après que les moniteurs aient tabasser un pupille*, les jeunes détenus se sont soulevés et enfuient. Une prime de 20 francs a été offerte à quiconque capturerait un fugitif. Cette mutinerie a déclenché une campagne de presse demandant la fermeture des bagnes d'enfants.

Arthur Rimbaud - Sensation

Soumis par Françoise Polack le lun, 08/11/2010 - 23:00

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue,
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.

 

[1854-1891]