Maurice Carême - Le givre

Soumis par Françoise Polack le mer, 24/11/2010 - 16:00

Mon Dieu ! comme ils sont beaux
Les tremblants animaux
Que le givre a fait naître
La nuit sur ma fenêtre
 
Ils broutent des fougères
Dans un bois plein d’étoiles,
Et l’on voit la lumière
A travers leurs corps pâles.
 
Il y a un chevreuil
Qui me connaît déjà ;
Il soulève pour moi
Son front d’entre les feuilles.
 
Et quand il me regarde,
Ses grands yeux si doux
Que je sens mon cœur battre
Et trembler mes genoux.
 
Laissez moi, ô Décembre !
Ce chevreuil merveilleux.
Je resterai sans feu
Dans ma petite chambre.